Absence de suivi sanitaire de la faune sauvage


Qu'est-ce que la veille (ou le suivi) sanitaire?

La veille sanitaire est le fait de surveiller l’état de santé d’une population afin de prévenir les risques d’épidémie, notamment des maladies pouvant se transmettre à l’homme et /ou aux animaux domestiques ou d’élevage. Ainsi elle permet de prendre en compte la faune sauvage dans les problématiques de santé animale et de santé publique.

Cette surveillance est très importante en Dordogne où on comptait 3 483 élevages en 2017 (Source DRAAF Nouvelle-Aquitaine). De plus, en France on compte plus de 63 millions d’animaux domestiques (Source FACCO). Les enjeux sanitaires et, de fait, économiques sont conséquents.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), en charge d’évaluer les risques sanitaires notamment dans le domaine de l’environnement, travaille en collaboration avec l’OFB (Office Français de la Biodiversité, anciennement ONCFS). Ce partenariat fait ainsi intervenir le réseau SAGIR (Réseau de surveillance épidémiologique des oiseaux et des mammifères sauvages terrestres de France), créé sous l’impulsion de l’ONCFS et de la FNC (Fédération Nationale des Chasseurs) en 1986. Concrètement, lorsqu’un animal sauvage est trouvé malade ou mort et que la cause est suspecte (potentielle maladie), l’animal fait l’objet d’analyses qui sont prises en charge financièrement par les Fédérations de chasseurs. Tout le monde peut déclarer des morts suspectes d’animaux sauvages, mais se sont souvent des chasseurs qui sont à l’origine des déclarations. Chaque année, ce sont entre 2000 et 6000 échantillons qui sont collectés et analysés. (Bilan SAGIR).

L’Anses et l’ONCFS s’intéressent notamment aux épidémies telles que la tuberculose bovine, l’Influenza aviaire (souvent appelée grippe aviaire) ou la peste porcine qui préoccupent les éleveurs.

sagir
gds

Dans le cadre du Réseau Sylvatub, l’évolution de la tuberculose bovine est étudiée au sein de la faune sauvage et dans les élevages (Source Plateforme ESA). Les chasseurs sont chargés de collecter des échantillons sur les animaux qu’ils prélèvent pour analyse. Des solutions sont proposées aux éleveurs pour éviter/limiter la contamination de leurs cheptels.

En Dordogne, près de 1760 chasseurs sont formés à l’examen initial du gibier sauvage et ce nombre va augmenter car la formation devient obligatoire (au moins un chasseur par équipe de chasse devra être formé à partir de juillet 2020).

Conséquences d'un monde sans chasse

Sans les chasseurs, nous ferions face à un abandon de la veille sanitaire. Les chasseurs fournissent leur « services » bénévolement et supportent financièrement les analyses (par le biais de la FDC). De plus, leurs bonnes connaissances des animaux sauvages leur permettent de détecter des signes d’épidémie, de parasitisme ou de maladie.

L’abandon de la veille sanitaire pourrait avoir plusieurs conséquences. Notamment le développement d’épidémies. Grâce à la veille sanitaire, les maladies sont surveillées et des actions sont mises en place pour les contrôler et éviter leur développement. C’est notamment ce qu’il s’est passé dans le cas de l’influenza aviaire où des mesures sanitaires ont été rajoutées pour limiter la transmission de la maladie entre faune sauvage et animaux d’élevage (quel que soit le sens de la contamination).

Le développement d’épidémies peut également provoquer une augmentation des zoonoses : maladies ou infections pouvant se transmettre de l’animal (vertébrés) à l’Homme et vice-versa de façon directe ou indirecte (via un intermédiaire, par exemple la maladie de Lyme, qui se transmet des animaux vertébrés à l’Homme par l’intermédiaire des tiques). En effet, le développement d’agents pathogènes dans la faune sauvage peut parfois constituer un réel danger pour la santé publique (Source Académie Nationale de Médecine). Et d'après l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), 60% des maladies infectieuses humaines sont zoonotiques.

Coût en Dordogne

En Dordogne, le bénévolat des chasseurs dans la surveillance sanitaire représente 113 644 € par an. De plus, la FDC24 a participé à hauteur de 137 760€ en 2019 (convention avec le GDS pour Sylvatub, collecte des déchets de venaison, analyses de laboratoire…).

Ainsi, le coût du suivi sanitaire en 2019 était de plus de 251 404€ pour les chasseurs. Dans un monde sans chasse, il faudrait palier à ce manque pour éviter l'absence de veille sanitaire essentielle à tous...